jeudi 10 septembre 2009
Љубезник / Amant / Параџанов / Paradjanov
samedi 5 septembre 2009
Maurice Scève
A sa Délie
Non de Vénus les ardents étincelles,
Et moins les traits desquels Cupido tire,
Mais bien les morts qu'en moi tu renovelles
Je t'ai voulu en cet Oeuvre décrire.
Je sais assez que tu y pourras lire
Mainte erreur, même en si durs Epigrammes :
Amour, pourtant, les me voyant écrire
En ta faveur, les passa par ses flammes.
SOUFFRIR NON SOUFFRIR
vendredi 4 septembre 2009
pour le départ
Tu me demandais hier
Mon avis sur le bonheur
L'air de rien, voilà que tu t'inquiètes
La paix te ferait donc peur
Je l'attise cet amour
Les brindilles volètent
Tu n'y vois que du feu
C'est sa vie secrète
Pourtant... pourtant... pourtant
Les mots sont, les mots font, les mots disent
Les mots coulent, les mots roulent sur un fil
Moi, je laisse ces microbes, ces missiles
Aux bavards, aux poètes si possible
Oh... comme je t'aime quand tu t'expliques
C'est drôle mais...
J'ai rangé mes modes et les recettes
Incendié la boîte mon coeur
De ce petit sacrifice me reste
Un vertige, une chaleur
Je l'attise cet amour
Les brindilles volètent
Tu n'y vois que du feu
C'est sa vie secrète
Pourtant... pourtant... pourtant
Tu sais, tu me demandais hier
Ma vision du bonheur
Eh bien, chaque jour elle est plus nette
Il ne nous fera plus peur
Je l'attise cet amour
Les brindilles volètent
Tu n'y vois que du feu
C'est sa vie secrète
Pourtant... pourtant... pourtant
Bientôt ce blog va s'envoler vers les silences éternelles. Merci à ceux ( même si peu nombreux ) qui le soutenaient.
Ускоро, овај блог ће да полети тишинама дуго очекиваним. Хвала оним малобројним који су га подржавали.
dimanche 28 juin 2009
L’inspiration poétique, par Jean-Marc Ghitti
« Le problème d’une méthode pour insuffler une inspiration à un peuple est tout neuf ». Simone Weil écrit cette phrase en 1942 ou 1943, à Londres, où elle était venue rejoindre la communauté française autour du Général de Gaulle. La France défaite et occupée, il faut en somme reconstruire l’âme de la Nation, et d’abord l’appeler à se soulever car une âme est principalement ce qui se soulève. La question de l’inspiration en politique se pose donc dans les moments de crise, lorsqu’il faut redonner une âme à un peuple. En temps ordinaire, il suffit de gérer les situations et on n’a que faire de l’inspiration. L’inspiration est ce qui donne âme. Elle est nécessaire lorsqu’on est tombé bien bas : elle est ce qui relève. Il faut comprendre que l’inspiration, dans ces années de doute qui suivent à peine l’appel du 18 juin, évoque la philosophie de Bergson. Le grand philosophe meurt en 1941, entre l’appel du Général et la phrase de Simone Weil. Simone Weil n’évoque pas Bergson. Elle avait été l’élève d’un autre grand philosophe, très opposé à Bergson : Alain, le rationaliste. Pour lui, il s’agit surtout de ne pas se laisser emporter, en politique, par un quelconque élan collectif. Il a été le témoin attentif et désolé de la montée des nationalismes, il a vu le lyrisme patriotique gâté les esprits. Il tient que le citoyen a comme premier devoir de garder la tête froide, d’exercer son sens critique et de ne surtout pas se laisser emporter par l’inspiration. A l’inverse, Bergson pense que la vie des nations doit beaucoup aux élans collectifs. C’est pas ce courants inspirés que la civilisation se fait et progresse. Simone Weil est une femme de conversion. A Londres, elle est très loin d’Alain, depuis longtemps déjà, mais elle ne dit pas pour autant qu’elle s’est rapprochée de Bergson. Pourtant quoi de plus bergsonien que l’appel du 18 juin et quoi pouvait mieux trancher le débat entre Bergson et Alain que la suite plutôt heureuse de cet appel ? Simone Weil voit bien qu’il y a au moins deux manières d’obtenir l’adhésion des peuples. La première est la propagande. Elle a raison de dire que « Hitler notamment a apporté sur ce point une contribution durable au patrimoine de la pensée humaine ». Durable, en effet, et nous pouvons en juger mieux qu’elle avec le recul. Nous avons mis en place depuis tout le dispositif médiatique qu’on sait et qui peut produire d’extraordinaires élans collectifs, comme on l’a vu souvent, bien qu’il n’ait encore jamais en Europe révélé tous les dangers qu’il comporte, comme nous le sentons bien. Les campagnes de presse sont désormais un moyen très courant de gouverner. Elles produisent des courants d’opinion publique. Mais cela n’a rien de commun, Simone Weil a raison de le dire, avec une inspiration qui viendrait du peuple même. Toutefois, elle dit peu de chose de la propagande : elle dit qu’elle est fermeture de l’âme, qu’elle conduit au fanatisme et qu’elle repose sur des procédés. Qu’est-ce à dire ? La différence entre l’inspiration et la propagande ou le conditionnement médiatique, c’est que la première nous fait penser, qu’elle nous réveille, nous rend à nous-mêmes, alors que la seconde étouffe notre pensée, nous ensommeille, nous narcotise, et finalement nous aliène. Le fanatisme, il est vrai, résulte d’un conditionnement. Il ne nous ouvre pas à la connaissance mais endoctrine, il ne suscite pas la libre action mais commande et soumet. Le conditionnement repose sur des procédés, qui sont les techniques de suggestion que con naît bien la publicité. Cependant, lorsque Simone Weil parle de « méthode pour insuffler une inspiration à un peuple », est-elle si loin de voir elle aussi la politique, la grande politique comme aurait dit Nietzsche, comme un ensemble de procédés ? Oui, elle en est loin, car la méthode n’est pas un procédé. Simone Weil pense en mystique. Elle écrit : « A vrai dire, depuis une Antiquité indéterminée, bien antérieure au christianisme, jusqu’à la deuxième moitié de la Renaissance, il a toujours été universellement reconnu qu’il y a une méthode dans les choses spirituelles et dans tout ce qui a rapport au bien de l’âme ». On dit souvent que c’est Descartes qui introduit la méthode en philosophie. Rien n’est plus faux assurément. Descartes emprunte l’idée de méthode à la mystique, notamment à la mystique espagnol. Mais il en fait autre chose. Quoi ? D’abord, il en réduit la portée. Il en fait un chemin de l’intelligence, et non plus le chemin bien plus large que doit suivre toute notre vie intérieure. Au prix de cette réduction, il peut faire de la méthode la manière qu’a la science de résoudre les problèmes qu’elle se pose. Par la suite, la méthode deviendra calcul, et finalement ensemble de procédés. La méthode ne s’oppose donc pas toujours aux procédés, c’est-à-dire aux techniques intellectuelles. Mais, si l’on parle, comme Simone Weil, de la méthode mystique, anté-cartésienne, alors oui, elle s’y oppose. Car qu’est-ce que la méthode en ce sens ? Une manière de conduire l’âme, une psychagogie disait Platon. Et c’est précisément ce qu’est l’inspiration : cette nervure de notre vie spirituelle, cette sourde cohérence séminale qui innerve nos moindres pensées. C’est à partir de là que Simone Weil nous propose de penser la politique. La politique consiste à guider l’âme d’un peuple. C’est une conception qui donne beaucoup à la politique. On peut la dire mystique mais c’était déjà celle de Platon, notamment dans Le politique. C’est bien aussi celle de Bergson. Simone Weil revient à une formule plus simple, plus acceptable lorsqu’elle parle de « l’action publique comme mode d’éducation du pays ». On sait avec quelle énergie Simone Weil a voulu promouvoir l’éducation populaire, par exemple lorsqu’elle quittait le Puy, où elle enseignait durant l’année scolaire 1931-1932, pour se rendre à la Bourse du travail de Saint-Etienne y donner quelques cours à peu d’ouvriers volontaires. Mais qu’appelle-t-on l’éducation populaire ? Ces années-là, pour Simone Weil, c’était avant tout, dans le cadre du mouvement syndical, un effort pour former les ouvriers et les éveiller à la conscience de leur condition. A la Libération, Simone Weil morte, on désignera ainsi l’éducation de masse, c’est-à-dire la possibilité pour les enfants des ouvriers de faire des études au lycée et à l’université. Mais, à Londres, au cœur de la défaite, ce que Simone Weil appelle l’éducation d’un peuple, c’est bien plus : « l’éducation (…), écrit-elle, consiste à susciter des mobiles ». Il ne s’agit donc pas d’apporter des connaissances mais de faire agir. Il s’agit d’inspirer des actions. Comme chez Bergson, l’inspiration ou l’élan est principalement action. Ce qu’il faut comprendre, c’est ce qui sépare l’action inspirée de l’action conditionnée d’une part et de l’action spontanée de l’autre. Dans l’action conditionnée, l’homme est influencé, il est stimulé du dehors, c’est-à-dire qu’il ne peut agir de la sorte que dans la mesure où il perd cette relation de soi à soi-même qui est l’intériorité. A l’inverse, dans l’action spontanée, il est déterminé du dedans et se tient en sa propre intériorité. Dans l’action inspirée, l’homme est éveillé du dehors à quelque chose en lui qu’il n’aurait pas su trouver s’il était resté seulement en lui-même. L’inspiration, c’est construire de l’intériorité à partir de l’extérieur ; c’est être stimulé non pas directement à agir mais à devenir celui qui va se déterminer à agir. La politique que Simone Weil appelle de ses vœux n’est donc ni celle du libéralisme bourgeois ni celle du totalitarisme. Le libéralisme bourgeois croit que les individus se déterminent par eux-mêmes, spontanément, et qu’il suffit ensuite d’organiser la somme de ces actions spontanées. Le totalitarisme quant à lui, qu’il soit fasciste ou médiatique, vise à faire agir les individus dans un degré plus ou moins grand d’inconscience, en les influençant par en-dessous, par des techniques psycho-sociales. Pour Simone Weil comme pour Bergson, la politique, c’est éveiller les individus à des sentiments qu’ils trouvent en eux-mêmes, qu’ils éprouvent intérieurement, pour que ces sentiments deviennent assez forts et les poussent à agir. Par exemple, les éveiller à l’humiliation de la défaite, à l’orgueil national, etc. La politique ainsi comprise est bien une sorte d’éducation, mais une éducation telle que l’entendait Socrate dans sa maïeutique, c’est-à-dire une éducation philosophique. La politique héroïque, celle disons de De Gaulle à Londres, ne risque pas d’être totalitaire faute de moyens, faute de pouvoir. Elle n’est pas non plus libérale, sinon elle laisserait les français s’avachir dans la collaboration. Elle est proprement une politique d’inspiration, comme l’histoire en offre des exemples dans des situations critiques. Faire de la politique comme cela, c’est éveiller les grands sentiments des hommes, ce que j’appellerai des émois fondamentaux, et les faire agir lorsque ces émois sont trop forts et qu’ils débordent. Simone Weil, dans sa réflexion politique de l’époque, nous donne bien une pensée de l’inspiration. Lorsque l’on est tombé très bas, l’inspiration est ce qui peut nous relever sitôt qu’une parole extérieure, ou tout simplement un signe, réveille en nous les émois fondamentaux de l’âme par lesquels elle se retrouvera elle-même, restaurée dans sa cohérence propre, autour de l’action que ces émois vont produire.
dimanche 14 juin 2009
Jean-François Colosimo
Question verte à la spiritualité : Jean-François Colosimo
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samedi 13 juin 2009
Jean-François Colosimo a prononcé la conférence « Le monde orthodoxe 20 ans après la chute du mur de Berlin ».
vendredi 5 juin 2009
Николай Гоголь
Италия
Италия — роскошная страна! И всю страну объемлет вдохновенье; Здесь низок мир холодной суеты, А ночь, а ночь вся вдохновеньем дышит. Земля любви и море чарований! Giambattista Tiepolo |
jeudi 4 juin 2009
Ако икада ове пјесме дођу до појца њиног, молио бих га да се јави...
Поштовалац

